Un mur de boue et de glace a ravagé la frontière entre le Népal et le Tibet ce mercredi 26 août 2026. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir : on dénombre déjà 472 décès et plus de 1 400 disparus, dont des centaines de touristes étrangers.
Les crues soudaines, provoquées par l’effondrement d’un glacier, ont emporté des villages entiers, détruit ponts et barrages, et laissé derrière elles un paysage de désolation. Les secours travaillent sans relâche pour retrouver des survivants, alors que plane la menace d’une nouvelle vague dévastatrice.
Inondations dévastatrices au Népal : un bilan humain qui s’alourdit
48 heures après la catastrophe, la police népalaise confirme un triste constat : 469 morts sur le seul territoire népalais. Les équipes de secours avancent dans une boue épaisse, à la recherche de corps ensevelis. Les images qui parviennent de la vallée de Trishuli montrent des scènes de chaos, avec des véhicules emportés comme des jouets et des maisons réduites à l’état de debris.
Les opérations de sauvetage se concentrent notamment sur un projet hydroélectrique, le Trishuli 3A, dont le tunnel a été submergé par les eaux. L’armée népalaise tente de secourir une centaine de personnes toujours piégées à l’intérieur.
Le courage des secouristes face au désastre naturel
Soldats népalais et chiens renifleurs travaillent sans relâche dans les zones sinistrées. « C’est un immense cimeterre », témoigne Omkar Joshi, un agent des douanes de 35 ans, rescapé réfugié sur une colline de Timure. « Il ne reste que du sable et des cailloux, imbibés de sang humain. »
Dans ce contexte d’urgence, le Premier ministre népalais Balendra Shah a visité les zones les plus touchées et appelé les autorités locales à fournir une aide immédiate aux familles déplacées et à rouvrir les routes bloquées.
Près de 800 secouristes ont été mobilisés côté tibétain, selon l’agence officielle Xinhua, avec des chiens renifleurs et des vedettes rapides pour soutenir les opérations.
Crue au Tibet et au Népal : des centaines de touristes étrangers portés disparus
Le drame frappe aussi la communauté internationale. Sur les 910 Népalais restés sans contact, 517 sont des touristes étrangers. La liste des nationalités concernées est longue et soulève une vive inquiétude dans de nombreux pays.
Le plus gros contingent de disparus est indien, mais les États-Unis ont signalé 90 de leurs ressortissants injoignables. La France déplore également quatre disparus parmi les randonneurs présents dans l’Himalaya.
- 🇮🇳 Inde : le plus grand nombre de disparus
- 🇺🇸 États-Unis : 90 ressortissants injoignables
- 🇨🇳 Chine : 100 citoyens portés disparus au Népal
- 🇫🇷 France : 4 randonneurs disparus
- 🇦🇺🇬🇧🇲🇾🇳🇱🇵🇹🇿🇦🇰🇷 : Australie, Royaume-Uni, Malaisie, Pays-Bas, Portugal, Afrique du Sud et Corée du Sud également concernés
Des dizaines de pèlerins hindus, en route vers le mont Kailash au Tibet, figurent aussi parmi les victimes. Le leader spirituel Sadhguru, en larmes dans une vidéo, a évoqué un « événement terrible et hors du commun », alors que son groupe se trouvait au poste d’immigration de Gyirong lorsque la coulée a frappé.
Le rôle du changement climatique dans la catastrophe
Le US Geological Survey (USGS) a identifié l’origine de la catastrophe : un effondrement glaciaire à l’origine d’une immense coulée de débris glacés. Cet événement a d’abord été enregistré comme un séisme de magnitude 4,4, avant que l’analyse des données sismiques ne révèle la véritable cause.
« C’est comme un tsunami intérieur », explique l’historienne de l’environnement Ruth Gamble, de l’université La Trobe en Australie. La vague a parcouru près de 170 kilomètres vers le sud, engloutissant tout sur son passage.
Le changement climatique accélère la fonte des glaciers et augmente les risques de crues de lacs glaciaires et d’effondrements. Les experts tirent la sonnette d’alarme : ce type de désastre naturel risque de se multiplier dans les années à venir.
Urgence au Népal : la menace d’une nouvelle crue dans la vallée du Trishuli
La peur ne retombe pas. Un immense amas de débris forme un bouchon en amont du fleuve frontalier entre le Népal et la Chine. L’eau s’accumule derrière cette barrière naturelle, créant un lac qui ne cesse de s’étendre. Les autorités ont publié un « avis spécial » de mise en garde face à un possible débordement.
« Un bouchon est toujours coincé en amont, et les autorités avertissent qu’une deuxième crue pourrait se produire », confie Qianggong Zhang, responsable des risques climatiques au Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD), basé à Katmandou.
Le dalaï-lama, depuis son exil en Inde, a déclaré qu’il allait « prier pour tous ceux qui ont perdu la vie » dans cette tragédie. Les promesses d’aide internationale commencent à affluer, mais l’urgence reste totale pour les centaines de familles qui attendent des nouvelles de leurs proches.
Dans cette région himalayenne si fragile, la priorité est claire : retrouver les disparus, secourir les survivants et tenter d’éviter une seconde catastrophe inondation. Les prochains jours seront déterminants.

Reporter pendant cinq ans à Géo et Grands Reportages, installée à Mylapore depuis 2018. Coordonne une équipe franco-indienne et publie sur Chennai, le Tamil Nadu et l’Inde du Sud. Obsédée par les marchés tamouls et la filter coffee.